Le Grand Départ
Laurence Hartmann
Le train de la SNCF m’amène à Bellegarde-sur-Valserine, j’emprunte le GR « La Vallée de la Valserine ».
Cette randonnée commence par une magnifique voûte rocheuse, humide, creusée par l’eau, d’où tombe une végétation luxuriante. J’avance sur le chemin, ajuste les sangles de mon gros sac et prends des photos de ce beau paysage. Les montées sont nombreuses et m’amènent à un moulin-à-eau qui alimentait les usines à papier de jadis. L’eau coule avec force et les chutes d’eau sont magnifiques. Je les salue et remercie la Nature de me permettre de faire cette traversée et de m’accueillir ces trois prochains jours. Tout va bien. Je pense à mes amies, à ma famille et à mon entourage proche tout en marchant. Je porte mon attention comme un objet précieux que je ne laisse pas voguer au gré du vent.
12h : pause déjeuner. Un repas réconfortant, pris juste à côté d’une petite rivière. Un rayon de soleil et une bruine font apparaitre un joli arc-en-ciel. Un autre cadeau de bienvenue. Une fois l’énergie renouvelée, je repars. Les pas s’enchainent et la clairière s’ouvre tout d’un coup sur de grandes chaines de montagne.
Mais le sentier est un maitre exigeant qui ne tolère pas une minute d’inattention…mais avant de raconter cette anecdote, un moment merveilleux me revient.
Arrivée au sommet d’une colline qui surplombe la vallée, je savoure le plaisir d’avoir un point de vue dégagé à 120 degrés. Je vois les montagnes, la rivière en contrebas et un grand pont sur ma gauche. Le son de la rivière résonne en continue dans toute la vallée. Le soleil est toujours là, avec moi sur le chemin.
Dans un dernier effort pour atteindre ma destination, je m’émerveille et contemple les couleurs des sous-bois : le marron-orange des feuilles qui tapissent le sol contraste avec la mousse verte, ce petit monde étrange et miniature qui est gorgé d’eau. C’est alors que je réalise que j’ai perdu ma route. Un peu paniquée, je me reprends et heureusement je retrouve une clairière où je décide de m’installer.
17h30 : je mets mon couchage en place, je mange et il fait bientôt nuit. Tout est calme. Le duvet est épais et chaud. Une bonne nuit de sommeil qui commence à 19h30.
Je suis réveillée de temps en temps par la pluie et par le son doux et mystérieux d’une chouette qui ulule dans la nuit. Merveilleuse mélodie. Le lendemain matin, je repars heureuse et reposée. Je remercie le
lieu, le soleil et les arbres. Un oiseau chante. Ma respiration s’apaise…







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