« J’ai des choses à dire, moi aussi. Mais sur internet, j’ai l’impression d’être une étrangère dans mon propre pays… On parle vite, on clique, on partage, mais on ne nous écoute pas. C’est comme si l’âge effaçait notre voix. La fracture, elle n’est pas que numérique, elle est sociale, cognitive, affective. On nous met de côté, et pourtant, on est encore là. »
Ces mots, prononcés avec retenue par Martine 68 ans, résument une réalité peu visible : celle des personnes âgées qui tentent, tant bien que mal, de prendre leur place dans un monde numérique qui semble aller trop vite pour elles.
Elles sont nombreuses, ces femmes et ces hommes qui ont traversé des décennies de bouleversements sociaux et #technologiques, à se sentir aujourd’hui mises sur la touche, comme si leur expérience n’avait plus sa place dans les nouveaux récits numériques.
Une fracture plus large que le Wi-Fi
On parle souvent de « fracture numérique », en évoquant les difficultés d’accès à Internet, au matériel, ou à l’usage des outils informatiques. Mais cette fracture en cache d’autres, bien plus profondes. Il y a la fracture sociale, qui isole les aînés dans des lieux de vie parfois déconnectés, loin des services numériques essentiels. Il y a la fracture cognitive, qui se creuse quand les interfaces sont conçues sans prendre en compte les capacités ou les rythmes de ceux qui apprennent autrement. Et puis il y a la fracture affective, celle du lien perdu, du sentiment d’inutilité, du silence imposé dans les espaces numériques saturés de jeunesse et de vitesse.
La parole grise, absente du web
Sur les réseaux sociaux, dans les forums, dans les productions culturelles en ligne, la voix des aînés est rare. Non pas parce qu’elle manque d’idées, de mémoire ou d’aspiration, mais parce que les canaux d’expression ne lui sont pas accessibles, ni parfois même souhaitables. Beaucoup témoignent d’une gêne, voire d’un malaise : « J’ai peur d’être ridicule », « Je ne comprends pas les codes », « Je ne trouve pas ma place »…
Cette absence est une perte collective. Car dans un monde où les intelligences artificielles se nourrissent de nos traces numériques, que se passe-t-il quand les générations entières n’y laissent aucune empreinte ? C’est leur #mémoire, leur #sagesse, leur #vision du monde qui restent en dehors de la base commune de #savoir.
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